Les consommateurs vivent deux réalités bien différentes

L’État du marché
25 mai 2026

Les consommateurs vivent deux réalités bien différentes


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La plupart des investisseurs ont probablement déjà entendu parler du concept d’économie en forme de K – notre secteur adore attribuer des lettres à certains phénomènes. Dans ce cas-ci, le K reflète la fracture parmi les consommateurs américains, alors que certains se portent TRÈS bien (la branche ascendante du K) et d’autres TRÈS mal (la branche descendante du K). Ceux qui détiennent des actifs – actions, immobilier, entreprises – se portent extrêmement bien. Les marchés avoisinent des sommets records et ont beaucoup progressé, alors que l’indice des actions mondiales Bloomberg a produit un rendement annualisé de 21 % au cours des trois dernières années. Cela crée un important effet de richesse, qui profite toutefois principalement aux consommateurs qui possèdent suffisamment d’actifs.

À l’opposé, les salaires de ceux qui n’en détiennent pas beaucoup suivent à peine l’inflation. L’inflation, qui demeure élevée, représente une taxe sur la consommation; par conséquent, ceux qui consacrent une plus grande part de leur revenu aux produits de consommation sont plus affectés. Si vous épargnez beaucoup, vous serez moins touché. Ajoutez à cela les prix de l’essence à 5 $ le gallon, une hausse de 50 % depuis le début de l’année (moyenne américaine). Les coûts d’intérêt demeurent élevés et montrent peu de signes de recul compte tenu de la hausse récente de l’inflation. Et certains diraient que la politique américaine des dernières années a favorisé les mieux nantis au détriment des moins fortunés.

L’humeur des investisseurs est tellement faible, alors que les marchés sont si élevés – depuis quand gagner de l’argent rend les gens malheureux?

L’humeur divergente est évidente si l’on se fie aux indicateurs de confiance des consommateurs. Le sondage sur la confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (graphique ci-dessus) interroge les consommateurs sur plusieurs aspects afin de mesurer leur volonté d’effectuer certains achats. Il couvre des thèmes comme les finances personnelles, les conditions d’affaires générales, les marchés et les prix. En mai, cet indice a atteint son niveau le plus bas depuis le début du sondage à la fin des années 1970. Selon ce sondage, la confiance des consommateurs est plus faible que durant la pandémie, la crise financière ou la période d’inflation élevée de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Les choses vont-elles vraiment aussi mal?

Dans le passé, on a noté une corrélation entre la confiance des consommateurs et les mouvements du marché boursier. Difficile de dire si c’est le consommateur plus heureux et dépensier qui fait progresser le marché boursier, ou plutôt la hausse du marché qui rend les consommateurs plus heureux. C’est un peu le paradoxe de l’œuf ou la poule. Cependant, aujourd’hui, les marchés battent des records, alors que le consommateur est dans un état catatonique. C’est très étrange, mais certains facteurs contribuent à cette divergence :

  1. Enquêtes – L’efficacité des enquêtes a diminué au cours des dernières années, et cela inclut aussi les sondages. Les répondants semblent souvent dire une chose et faire le contraire. Ils répondent plus souvent de façon négative, même s’il est clair que beaucoup de consommateurs continuent de dépenser.
  2. Composition – Le marché est pondéré en fonction de l’actif; autrement dit, le comportement des mieux nantis influence BEAUCOUP PLUS le marché que celui des moins nantis. L’indice S&P 500 ne reflète certainement pas une démocratie égalitaire. Cependant, c’est peut-être plus parce que si vous décomposez la confiance du consommateur en fonction du revenu, les riches sont un peu plus optimistes que les gens à revenu plus faible. Ou peut-être que tout le monde est de mauvaise humeur.

Si l’on fait abstraction des sondages, les gens ne sont ni heureux ni confiants. La situation sur le front de l’inflation, des prix de l’essence et des taux d’intérêt est difficile en ce moment. De plus, la croissance de l’emploi a été très faible. Il y a beaucoup d’éléments en mouvement sur le marché de l’emploi, que ce soit les taux de participation, les changements démographiques, l’immigration, voire l’IA. Cela semble contribuer à la hausse du taux de chômage chez les nouveaux travailleurs, qui demeure faible ou stable chez les employés plus expérimentés. Peut-être aussi que l’IA ou le nombre moins élevé de nouveaux travailleurs contribue à la récente hausse de la productivité. En effet, les nouveaux travailleurs, malgré leur motivation, ne sont pas productifs pendant un certain temps.

Taux Inflation Essence Emplois

Heureusement, la branche ascendante du K importe simplement beaucoup plus – pas juste pour les marchés boursiers, mais pour l’économie. Donc, pendant que la branche descendante du K est malmenée, la branche ascendante dépense, voyage et contribue assez pour faire croître les dépenses de consommation TOTALES. À vrai dire, l’économie a toujours suivi une trajectoire en K, ce n’est pas nouveau. L’écart s’est peut-être simplement creusé.

Surveillez les plus riches

Comme les gens à plus faible revenu connaissent des difficultés et que les gens à revenu plus élevé se portent bien, nous devrions surveiller les habitudes de consommation des gens à revenu plus élevé. Parce que, bien que ce soit injuste, ce sont eux qui influencent le plus l’économie globale. Comment pouvons-nous mesurer leur humeur ou leurs habitudes de consommation?

Le nombre de passagers est stable

Nous avons choisi quatre mesures : deux pour les services et deux pour les biens. Les voyages sont aussi une dépense discrétionnaire qui concerne davantage les consommateurs à revenu élevé. Évidemment, les voyages d’affaires faussent cette donnée. Les prix compliquent aussi la situation, alors que les tarifs aériens ont beaucoup augmenté récemment – est-ce simplement le résultat de la hausse des prix des billets en raison de la hausse des prix du pétrole? Nous utiliserons donc la mesure du nombre de passagers qui passent par les points de contrôle de sécurité de la TSA.

La plupart des restaurants haut de gamme sont privés, donc il est difficile de mesurer leurs volumes. Cependant, nous pensons que la tendance des restaurants avec service aux tables peut nous éclairer. Parmi toutes les cohortes de revenu, le choix d’aller au restaurant ou de manger à la maison est certainement une décision discrétionnaire qui dépend de sa situation financière personnelle. Nous avons créé un panier de 11 restaurants avec service aux tables.

Consommateur à revenu élevé

Nous avons choisi les produits cosmétiques et de luxe comme indicateurs pour les dépenses en biens. Même si on peut se demander si les produits de soins de la peau représentent une dépense discrétionnaire, cette catégorie est dominée par les consommateurs à revenu élevé et a toujours été très cyclique. Les dépenses de luxe concernent surtout les sociétés européennes. Nous avons créé un panier de sept marques de luxe mondiales : sacs à main, vêtements, montres, etc.

Dans l’ensemble, les tendances sont assez bonnes selon ces trois mesures. Elles ne s’améliorent pas, mais ne s’inversent pas non plus. Cela signifie à notre avis que la branche ascendante du K continue de dépenser.

Conclusion

Le consommateur dicte l’économie mondiale. En fait, le consommateur américain à lui seul compte pour environ 18 % de l’économie mondiale. Il ne fait aucun doute que le consommateur américain à faible revenu se trouve dans une situation difficile, mais la branche ascendante continue de dépenser, d’où la trajectoire en K de l’économie. Mais ne vous en faites pas trop avec le K pour l’instant; nous nous inquièterons seulement si les indicateurs montrent que les plus riches dépensent moins. Si jamais cela devait se produire, les gens à revenu plus faible ne seront pas d’un grand secours.

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