Analyse technique

Stratégie des investisseurs
7 juillet 2026

Analyse technique


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  1. Faire abstraction du bruit
  2. L’ascension de l’analyste technique
  3. Changements continus à la tête du marché canadien unidimensionnel
  4. Cycle du marché et positionnement du portefeuille
  5. Conclusion

Faire abstraction du bruit

La première moitié de l’année a démontré la capacité du marché à faire fi de l’incertitude. Les tensions géopolitiques, les risques commerciaux ravivés, les craintes d’inflation et les changements dans les prévisions de taux d’intérêt ont tous contribué aux périodes de volatilité; pourtant, les marchés boursiers ont continué d’enregistrer de solides gains grâce à la croissance économique meilleure que prévu, aux bénéfices résilients des sociétés et à la hausse des dépenses d’investissement dans l’IA. L’indice TSX a gagné 11,2 % au cours des six premiers mois de l’année, tandis que les indices S&P 500 et NASDAQ ont progressé de 10,2 % et 13,1 % respectivement sur la base du rendement total. Certains doutes quant à la durabilité de la remontée de cette année ont toutefois mené à des résultats plus contrastés en juin, l’indice S&P 500 et le NASDAQ ayant cédé respectivement 1,0 % et 2,8 %, tandis que le TSX a progressé de seulement 0,5 %. Les marchés des titres à revenu fixe ont aussi inscrit des rendements plus modestes, l’indice obligataire universel FTSE TMX Canada ayant pris 0,51 % en juin et 2,24 % depuis le début de l’année, tandis que l’indice général des obligations américaines a gagné 0,24 % en juin et est maintenant en hausse de 0,64 % depuis le début de l’année grâce aux changements constants dans les prévisions de taux d’intérêt. Plusieurs thèmes ayant marqué la première moitié de l’année se sont manifestés en juin, alors que les investisseurs se sont d’abord concentrés sur la guerre entre les États-Unis et l’Iran, la hausse des prix de l’énergie et le risque d’un nouveau choc inflationniste. Cependant, vers la fin du mois, les tensions se sont apaisées grâce aux pourparlers de paix, les prix du pétrole sont revenus aux niveaux d’avant la guerre, les craintes d’inflation ont diminué et l’attention s’est reportée sur la croissance économique, les bénéfices des sociétés et la durabilité des investissements dans l’IA.

Marchés

Même si les nouvelles géopolitiques et politiques ont provoqué des fluctuations à court terme des marchés, ultimement, les données fondamentales ont continué de dicter sa direction. La croissance économique américaine est demeurée résiliente malgré une légère baisse surprise au premier trimestre, tandis que les bénéfices des sociétés ont continué de confirmer la poursuite de l’expansion. Au Canada, les conditions économiques ont été un peu plus fragiles, mais on a observé les premiers signes d’amélioration en avril lorsque le PIB a augmenté de 0,5 % sur un mois, un résultat supérieur aux attentes qui laisse supposer que l’économie a mieux commencé le deuxième trimestre malgré l’incertitude commerciale. L’inflation a toutefois compliqué les perspectives. Le taux d’inflation annuel au Canada s’est accéléré pour atteindre 3,2 % en mai, son niveau le plus élevé en 29 mois, en raison surtout de la hausse des prix de l’essence ayant suivi la montée précédente des coûts de l’énergie. La bonne nouvelle, c’est que les mesures de base préférées de la Banque du Canada sont restées stables, à près de 2 %, ce qui laisse supposer que la hausse de l’inflation ne s’est pas encore étendue considérablement au-delà du secteur de l’énergie. Même si certains effets retardés de l’inflation pourraient encore se faire sentir dans les secteurs des transports et des services aux collectivités et toucher d’autres biens et services, la baisse des prix de l’énergie laisse croire que le choc pourrait être de plus courte durée qu’on ne le craignait initialement.

Rendement

Les banques centrales ont néanmoins dû rechercher un équilibre délicat entre la lutte contre l’inflation et le soutien à la croissance. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour une cinquième réunion consécutive, et les décideurs ont été tiraillés entre la faiblesse de l’économie et le risque que les coûts élevés de l’énergie entraînent des pressions inflationnistes plus généralisées. La Fed a elle aussi laissé les taux inchangés, mais le nouveau président Kevin Warsh a adopté un taux plus ferme, réaffirmant l’engagement de la Fed envers la stabilité des prix et évitant les indications directes sur la trajectoire des taux. Les projections mises à jour ont montré que les décideurs prévoient au moins une hausse de taux cette année, ce qui contribue aux attentes d’une politique plus restrictive. En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé son taux directeur de 25 pb pour le porter à 2,25 %, une première hausse depuis 2023, les dirigeants ayant réagi à l’accélération de l’inflation causée par le secteur de l’énergie et aux signes que les pressions inflationnistes pourraient s’étendre à d’autres secteurs de l’économie. Toutes ces décisions mettent en lumière le défi auquel font face les décideurs : l’inflation demeure supérieure à la cible, mais une politique monétaire plus restrictive pourrait freiner davantage la croissance déjà inégale.

Canada
États-Unis
Europe

L’IA est demeurée l’un des principaux thèmes au premier semestre, mais le mois de juin a témoigné de la force des meneurs et de la forte concentration du marché. La hausse de la demande d’infrastructures d’IA, de semiconducteurs et de mémoire a permis à un groupe assez restreint de sociétés d’enregistrer d’énormes gains, et le pourcentage de titres du S&P 500 ayant surpassé l’indice a chuté à des creux de plusieurs décennies. L’abandon soudain des titres de semiconducteurs et de mémoire en juin a reflété les interrogations croissantes des investisseurs à savoir si les énormes dépenses d’investissement se traduiront par une croissance durable des bénéfices. Pour l’instant du moins, les solides bénéfices ont renforcé l’idée que la demande liée à l’IA demeure élevée. Les investisseurs devront maintenant se demander si les investissements dans l’IA peuvent continuer de générer des rendements attrayants, si la croissance des bénéfices peut s’étendre au-delà du secteur de la technologie à un plus large éventail de secteurs et de régions, et comment les banques centrales réagiront si la croissance ralentit et que l’inflation demeure au-dessus de la cible.

L’ascension de l’analyste technique

On disait souvent à la blague qu’être technicien agréé des marchés (CMT) était comme être analyste financier agréé (CFA), sans les mathématiques ni les mots : une façon simple et taquine de dire que les analystes techniques se concentrent sur les graphiques et l’analyse des mouvements des cours à la recherche de niveaux de soutien ou de résistance ou pour anticiper la direction d’un titre ou d’un indice. Cependant, cela pourrait bien se retourner contre les CFA, car le marché actuel ne semble plus accorder autant d’importance aux flux de trésorerie actualisés, aux valorisations ou aux bilans.

Par exemple, le titre de la Banque Royale, à 290 $, se négocie à 17,2 fois les prévisions consensuelles. Depuis le milieu des années 1990, le ratio C/B de la Banque Royale n’a jamais dépassé 15. Les deux seules fois où il s’est rapproché de 15, c’était en 1998, lorsque les grandes banques tentaient de fusionner, puis en 2006, lorsque certaines envisageaient de devenir des fiducies de revenu. Les organismes de réglementation ont fait avorter les initiatives de fusion et ont modifié le régime fiscal des fiducies de revenu pour éliminer un éventuel évitement fiscal des sociétés.

Ratio cours-bénéfice de la Banque Royale

Du point de vue du CFA, c’est un peu ridicule. Les marchés des capitaux se portent bien, mais la croissance des prêts est assez stagnante compte tenu de la faiblesse actuelle du secteur immobilier et des obstacles à la croissance des prêts aux entreprises. Et n’oublions pas que les banques sont en quelque sorte un baromètre de l’économie canadienne, qui a connu deux trimestres consécutifs de PIB négatif, sans compter l’absence d’un renouvellement de l’ACEUM. Dans ce contexte, devrait-on payer une prime élevée pour les bénéfices des banques?

Pour l’analyste technique, les valorisations et le PIB importent peu, car le cours de l’action affiche une forte tendance haussière. De son point de vue, il est préférable d’attendre que cela change avant de modifier notre position. Nous reconnaissons certainement que les titres sont surachetés. En fait, si vous prenez l’indice TSX 60 et classez les membres en fonction leur force relative (qui mesure la tendance sur 14 jours), quatre des grandes banques trônent au sommet de la liste. C’est étrange, car les banques se situent habituellement au milieu. Mais d’ici à ce que la tendance s’inverse, elle est votre alliée.

Alors pourquoi pensons-nous que les analystes techniques ont l’avantage dans le marché actuel? Récemment, les flux monétaires semblent avoir le dessus sur d’autres facteurs et dicter les prix. Pour un aperçu des mouvements d’actifs au sein du marché canadien, le graphique suivant suit les 20 principaux FNB du marché général et mesure les flux entrants et sortants sur un mois. Ce n’est clairement pas une mesure parfaite, car l’actif pourrait sortir d’autres FNB ou fonds plus petits pour être réinvesti dans les gros FNB. L’ampleur des flux d’actifs est donc à prendre avec un grain de sel, mais la direction est probablement exacte.

FNB d'actions canadiennes : L'argent coule à flots!!!

Les flux entrants dans les actions canadiennes ont été très importants et supérieurs à la normale au cours de la majeure partie de 2025 et de la première moitié de 2026. Les flux d’actifs ont commencé à augmenter immédiatement après la vente massive provoquée par les droits de douane vers la fin du premier trimestre de 2025. Depuis, l’indice TSX a gagné 44 %, surpassant les actions mondiales, mesurées par l’indice mondial Bloomberg (+35 %) et l’indice S&P 500 (+33 %).

Les flux d’actifs peuvent aussi suivre la direction opposée. Le titre de SpaceX, qui a fait l’objet du plus important PAPE jamais enregistré, est rapidement ajouté à de nombreux indices où des milliards, voire des milliers de milliards de dollars d’actifs sont investis. Pour faire de la place, tous les autres placements doivent être vendus, ce qui entraîne la vente systématique d’autres titres de l’indice. Compte tenu de la popularité croissante des actifs passifs, il s’agit d’un mouvement de fonds important. Les gestionnaires actifs pourraient aussi avoir réduit d’autres placements pour augmenter leurs liquidités en vue du PAPE. De plus, les immenses PAPE d’OpenAI et d’Anthropic pourraient être pour bientôt – ce qui nécessiterait des ventes importantes.

Du point de vue des flux d’actifs, cette pression de vente systématique pèse sur beaucoup d’autres titres. Par exemple, Microsoft a chuté de 18 % en juin. Évidemment, d’autres facteurs jouent également, mais parions que les flux d’actifs sont le principal. Cela a fait baisser le ratio cours-bénéfice de Microsoft à 19, ce qui est inférieur au ratio de l’indice général S&P 500 de 20. La seule autre fois où le titre de la société s’est négocié en deçà du multiplicateur de marché, c’était au cours de la période de 2011 à 2013, après avoir raté le virage vers la téléphonie mobile, où les ventes globales de ses ordinateurs ont chuté et avant le début de sa domination de l’infonuagique. On pensait alors qu’il s’agissait d’un piège de valeur et que les perspectives de croissance étaient limitées, mais les prévisions continuent aujourd’hui d’augmenter : 17,08 $ pour 2016 et 19,51 $ pour 2027 (croissance de 14 %).

Ratio C/B - Microsoft vs S&P

Les mouvements de fonds liés à ces énormes PAPE expliquent en partie pourquoi les « sept magnifiques » font du surplace depuis le début de l’année, tandis que le NASDAQ et le S&P 500 ont tous deux progressé d’environ 10 %. Cependant, il n’y a pas que les mouvements de fonds qui comptent. C’est vrai, l’augmentation des prix par la société Apple attribuable à la hausse du coût des intrants n’est pas une bonne nouvelle. Idéalement, elle relèverait les prix en raison de la forte demande, mais la réaction négative des cours est probablement exacerbée par la situation des mouvements de fonds, un peu comme pour Microsoft.

Ce qu’il faut retenir, c’est que si ces mouvements de fonds se poursuivent, les cours vont continuer d’aller dans la même direction. Cependant, après une aussi forte progression, même si les flux d’actifs ralentissaient, les cours devraient revenir à la moyenne. Dans le graphique « L’argent coule à flots », une tendance inquiétante pourrait être la combinaison de la hausse des cours et d’un certain ralentissement des flux d’actifs. Les flux demeurent très positifs, mais pas autant qu’au cours des mois précédents.

Malheureusement, les flux d’actifs ou l’appétit pour le risque des investisseurs sont pratiquement impossibles à prévoir et peuvent fluctuer rapidement à la moindre nouvelle. C’est ce qui explique l’avantage de l’analyste technique. Les analystes techniques n’ont pas non plus beaucoup d’information sur la trajectoire des flux d’actifs, mais si les flux changeaient, cela devrait se refléter rapidement sur les cours. Cela peut être mis dans un graphique et mesuré, ce qui permet de réagir aux changements plus rapidement qu’avec les autres approches axées sur les données fondamentales.

Changements continus à la tête du marché canadien unidimensionnel

Le marché canadien repose de plus en plus sur un seul secteur. Comme nous l’avons mentionné, les banques et d’autres titres financiers affichent certaines des plus fortes tendances du TSX et ont stimulé le secteur financier au cours des deux dernières années. Les banques canadiennes comptent maintenant pour 26 % de l’indice TSX et environ 80 % de l’ensemble du secteur de la finance, dont la pondération dans l’indice a augmenté à 36 %. Comme le montrent les graphiques ci-dessous, la pondération du secteur financier a augmenté d’environ 7 % au cours des deux dernières années, en grande partie au détriment du secteur de l’industrie, qui a reculé de près de 5 % en tant que pourcentage de l’indice TSX au cours de la même période.

Variation des pondérations sectorielles du TSX depuis 2 ans : les banques avancent, mais le secteur de l'industrie fait un grand pas en arrière

Avec le recul, les titres financiers se rapprochent de leur pondération maximale de 38 % atteinte au quatrième trimestre de 2015. Pour ceux qui ont une mémoire à long terme, l’or avait alors atteint un plancher, après un marché baissier de quatre ans, et se situait tout juste au-dessus de 1000 $ l’once, et le pétrole se négociait à moins de 40 $ le baril. Des jours très sombres pour les producteurs de produits de base canadiens. Étrangement, le secteur de l’énergie représentait une part plus importante du TSX qu’aujourd’hui, soit 19 % contre 16 %.

TSX - un indice peu diversifié
La finance se hisse à 36 %, proche de son niveau le plus élevé à ce jour

Ce changement dans la dynamique sectorielle ne fait que renforcer l’idée que le marché canadien repose de plus en plus sur un seul secteur maintenant que la tendance favorise le secteur déjà dominant. Contrairement au marché américain, qui a reposé sur un seul secteur depuis un certain temps, dicté par une seule tendance à long terme (dépenses d’investissement dans l’IA), le marché canadien connaît une rotation sectorielle, de l’or à l’énergie, et maintenant aux banques, chacun se donnant tour à tour le relais. Heureusement pour la plupart des Canadiens, il s’agit des trois principaux secteurs du TSX, donc la rotation a même favorisé les investisseurs passifs. Cependant, la situation est différente cette fois. L’or et l’énergie pourraient tous les deux redescendre sans causer trop de dommages collatéraux. Quant au secteur de la finance qui compte pour 36 % de l’indice, c’est une autre histoire. Les mouvements de fonds pourraient encore changer de direction, mais le secteur a tellement pris d’expansion qu’il exerce son propre pouvoir d’attraction, un peu comme Jupiter : lorsqu’elle tourne, tout gravite autour d’elle. Le relais d’un secteur aussi vaste influence l’ensemble de l’indice.

Quand (et non si) la tendance se renverse :

On ne peut pas se fier à la valorisation ni pour acheter ni pour vendre des titres bancaires. La seule façon de savoir quand cesser d’investir dans ce placement et dans d’autres placements à fort momentum, c’est de suivre le cours. Pour un analyste technique, le cours et le volume sont tout ce qui compte. Le cours traverse la ligne de tendance, et le volume confirme la rupture. Cependant, il est inutile de « suivre le cours » à moins d’établir à l’avance les éléments à surveiller et d’avoir un plan. Investir dans un titre ou un secteur à fort momentum devient plus exigeant qu’une approche d’achats à long terme.

L’écart par rapport aux fondamentaux en période de forte tendance signifie que chaque signal précoce de vente peut facilement être confondu avec un signal d’achat. Le premier élément à considérer est qu’un niveau suracheté ne constitue pas à lui seul un signal de vente. Un indicateur RSI de 80 pour les banques reflète une forte tendance, et pas nécessairement que la fin est imminente. Les fortes tendances peuvent parfois donner lieu à des conditions de surachats pendant des mois.

Surveillez les failles dans un ordre précis.

  1. Divergence baissière de la tendance : Les cours atteignent de nouveaux sommets tandis que l’indicateur RSI atteint un sommet moins élevé, ce qui veut dire que les acheteurs ont toujours le dessus, mais de moins en moins.
  2. Essoufflement de la tendance : Surveillez les indicateurs de force de la tendance comme la ligne ADX/ADXR. Le signal de danger, ce n’est pas une mesure élevée, mais plutôt une mesure élevée qui redescend. Les indicateurs des banques TD et RBC, à près de 49,6 et de 46,2 respectivement, montrent que la tendance ne pourrait pas être plus forte, ce qui signifie historiquement qu’elle pourrait bientôt s’essouffler. Lorsque la ligne ADX atteint un sommet et redescend alors que les cours restent élevés, la confiance s’effrite avant que les cours chutent.
  3. Rupture de la ligne de tendance sur volume : Tracez une ligne reliant les minimums haussiers de la séquence des banques. Lorsque le cours clôture en dessous de celle-ci et que les volumes augmentent, cela confirme une rupture de tendance plutôt qu’un repli ordinaire.
  4. Surveillez la force relative : Au Canada, comme seuls quelques secteurs peuvent absorber les volumes réels, un autre bon signe pourrait ne pas être la rupture isolée de la tendance d’une banque, mais plutôt le rendement supérieur de l’or ou du secteur de l’énergie.

Aucun de ces facteurs ne prédit le sommet, ce n’est pas leur rôle. L’approche basée sur les règles élimine les deux émotions qui nuisent aux rendements en fin de tendance : l’avidité qui nous dit d’attendre « juste un peu plus » malgré l’accumulation de drapeaux jaunes, et la paralysie liée à l’attente d’une confirmation peuvent se traduire par des pertes de 20 %. L’autre façon de gérer le risque est d’ajuster les positions de manière appropriée : réduire un placement gagnant après une solide progression est une bonne façon de réaliser un bénéfice. Comme on le dit souvent, la tendance est votre alliée jusqu’à ce qu’elle s’essouffle, et les banques ont été de très bonnes alliées du TSX et des investisseurs passifs canadiens depuis deux ans. Cela ne veut pas dire de faire fi de l’essoufflement.

Cycle du marché et positionnement du portefeuille

Les indicateurs du cycle du marché demeurent très positifs. La direction des taux demeure positive, mais moins qu’avant, alors que les réductions de taux par la Fed deviennent moins probables. L’accentuation de la courbe des taux est positive. Les données économiques américaines sont positives. Les indicateurs avancés demeurent baissiers, ce n’est pas nouveau, tandis que les probabilités de récession sont passées de baissières et haussières. L’indice GDP Now est toutefois devenu baissier. Cela dit, le secteur manufacturier demeure solide et le secteur du logement est contrasté, mais plutôt faible.

Indicateurs du cycle du marché - Plutôt positifs

Quelques mots sur l’indice GDP Now. L’annonce du PIB officiel est passablement retardée; il est publié trois semaines après la fin du trimestre, puis révisé plusieurs fois au cours des mois suivants. L’indice GDP Now de la Fed d’Atlanta se base sur les mesures indirectes de composantes plus ponctuelles du PIB. Cette mesure est devenue baissière après être passée sous 2 %, en raison surtout des exportations nettes. Les deux principaux facteurs en jeu dans le commerce américain sont la construction des centres de données et l’énergie. La plupart des composantes des centres de données sont fabriquées à l’extérieur des États-Unis, ce qui stimule les importations. Plus les prix augmentent, plus la valeur des importations augmente. L’énergie, le pétrole et le gaz naturel liquéfié ont notamment fait l’objet de fortes exportations durant la fermeture du détroit d’Ormuz. Comme les prix – et sans doute aussi les volumes – diminuent, la valeur des exportations diminue probablement rapidement. Les composantes de base du PIB, soit les dépenses de consommation et des entreprises, restent assez stables, donc rien de trop inquiétant pour l’instant.

Indicateurs du cycle du marché

Deux indicateurs économiques mondiaux, tous les deux liés aux prix des produits de base, sont devenus baissiers. Le pétrole et les produits de base en général ont vu leurs prix chuter au cours du dernier mois. Cela s’explique plus par les perturbations dans le détroit d’Ormuz que par les variations de la demande globale. Ce n’est donc pas un problème non plus.

Globalement, notre position est légèrement défensive. Comme nous sommes encouragés par les données économiques et les bénéfices, notre orientation défensive s’explique surtout par le fait que le marché escompte déjà beaucoup de bonnes nouvelles; à notre avis, nous sommes en fin de cycle.

Positionnement du portefeuille

Positionnement du portefeuille

Conclusion

Pendant que les mouvements de fonds continuent d’influencer grandement les prix des actifs, ne vous préoccupez pas trop des valorisations. Surveillez plutôt les signes d’inversion. Comme nous pensons être en fin de cycle, nous nous attendons à de plus fortes fluctuations du marché, surtout compte tenu des niveaux de concentration élevés, pas seulement dans le secteur de la technologie, mais même dans le secteur bancaire pour certains indices. Profitez des occasions et n’hésitez pas à réaliser des bénéfices. Nous avons tous profité de rendements supérieurs à la moyenne au cours des dernières années; au cours des prochains trimestres, il pourrait être plus judicieux de protéger ces gains que de viser des rendements toujours plus élevés.

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