Comprendre son exposition à l’IA

L’État du marché
27 juillet 2026

Comprendre son exposition à l’IA


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En 2022, alors que les taux d’intérêt montaient en flèche, une question revenait souvent dans les conversations entre les investisseurs et leurs conseillers : « Combien ai-je investi dans des obligations et qu’est-ce que la duration? » En 2025, la progression de l’or a suscité une autre question : « Combien ai-je investi dans l’or? » En 2026, la question est maintenant : « Dans quelle mesure mon portefeuille est-il exposé à l’IA? »

Il était facile de mesurer son exposition à l’or; c’est moins le cas pour l’IA. Cette « bulle », alimentée par une technologie révolutionnaire et par la course pour bâtir les infrastructures nécessaires, ne concerne plus seulement les sociétés technologiques de très grande envergure ou les sociétés de semiconducteurs ou de mémoire. La demande s’est étendue à d’autres fournisseurs de technologies — des équipements de réseau aux serveurs, en passant par les intégrateurs.

Au-delà du secteur de la technologie, la construction des infrastructures a des répercussions sur le secteur des services aux collectivités, les fournisseurs d’énergie – gaz, nucléaire, énergies renouvelables – le stockage, l’alimentation de secours, la construction, l’ingénierie, l’industrie, le chauffage, la ventilation, la climatisation, le cuivre et les terres rares.

À mesure que l’influence de l’IA s’étendra sur les marchés, tous les portefeuilles y seront exposés. La question passe donc de « Dans quelle mesure suis-je exposé à l’IA » à « D’où provient mon exposition à l’IA? ». Ce sont là des questions auxquelles il est plus difficile de répondre, et ce n’est pas par manque de diligence. Le marché a tranquillement fait de l’exposition à l’IA un paramètre par défaut, et aucune ligne ne l’indique sur le relevé.

Note d’exposition à l’IA et répartition par marché

Le numéro de L’État du marché de cette semaine ne porte pas sur le débat entourant l’existence ou non d’une bulle. Il existe des arguments convaincants tant en faveur d’une forte exposition à l’IA qu’en faveur d’une exposition modérée. Cependant, ne pas savoir dans quelle mesure votre portefeuille y est exposé ni de quelle façon n’est pas une bonne chose. Ce numéro propose un modèle pour aider à répondre à ces questions.  

Le défi de l’omniprésence de l’IA

Il y a un an, la plupart des investisseurs auraient estimé que les marchés émergents étaient peu exposés à l’IA. Pourtant, beaucoup d’entre eux y sont fortement exposés, allant de la Chine à la Corée en passant par Taïwan. Commençons plus près de chez nous, selon notre modèle, l’indice S&P 500 comporte environ 45 % de sociétés liées à l’IA ou influencées par celle-ci. Les sociétés liées à l’IA comprennent les sociétés comprises dans la chaîne d’approvisionnement des puces, les fournisseurs de services infonuagiques, les centres de données, les concepteurs de modèles et les logiciels. Ajoutez à cela un certain nombre de sociétés des secteurs non technologiques, et cela représente près de la moitié de l’indice. Si vous investissez dans ce marché, vous avez acquis une participation importante et concentrée dans l’IA, simplement en étant exposé au plus grand marché boursier au monde.

Mais cette situation ne se limite pas aux États-Unis, même si la saveur varie selon le marché – non seulement du point de vue de l’exposition globale, mais aussi du type d’exposition.

Un tiers des actions mondiales – et environ un quart des sociétés des marchés émergents ou japonais – sont influencées par les technologies liées à l’IA. En Europe et au Canada, c’est 10 % ou moins. Au total, cela signifie qu’un peu moins de 50 000 milliards de dollars de la capitalisation boursière mondiale semble être influencée, à divers degrés, par cette évolution technologique.

Cependant, ce chiffre ne reflète qu’une partie de la réalité, car chaque barre représente un type d’IA complètement différent. Les sociétés d’IA basées aux États-Unis sont principalement composées de fabricants de puces et de plateformes de modèles – Nvidia, Microsoft, Alphabet. Au Japon, l’IA repose sur les puces et un secteur presque absent dans l’indice S&P 500 – la robotique et l’automatisation. Au Canada, le secteur de l’IA est constitué presque exclusivement de logiciels d’application : Shopify, Constellation – et n’est presque pas exposé aux puces ou aux modèles. Dans les marchés émergents, l’IA se compose des sociétés les plus en amont du secteur : fonderies, mémoire et emballage.

Bien que la plupart des sociétés couvrent plusieurs sous-secteurs de l’IA, nous classons chacune d’entre elles en fonction de son sous-secteur principal. Nvidia est un facilitateur, Palantir ou Emera font partie des infrastructures, qui comprennent les logiciels ou les fournisseurs de services publics, Alphabet est classée dans les modèles/plateformes, Salesforce dans les applications, et l’IA physique comprend la robotique ou d’autres sociétés.

Même étiquette, mais quatre situations très différentes. Un client qui investit au Japon et un autre qui investit dans le TSX sont tous les deux exposés à l’IA, mais leur exposition n’a pratiquement rien en commun.

C’est un hot-dog ou non?

L’application qui permet de reconnaître les hot-dogs, disponible sur Android | The Verge

Voici le problème : aucun secteur de l’IA, aucun classement GICS, aucune catégorie Morningstar ou aucun indice ne propose la même définition de l’IA. L’étiquette « technologie » n’est pas adéquate – les sociétés de services publics qui construisent des centres de données font partie du secteur, contrairement à de nombreuses sociétés technologiques. Amazon est-elle une société d’IA? Morningstar la place dans la catégorie du commerce de détail en ligne. Tesla? En ce moment, il s’agit d’un constructeur automobile. Les cours des deux actions sont clairement influencés à l’IA.

Vous voulez la preuve que le problème de définition est réel? Prenez les marchés émergents. Un fonds de marchés émergents standard pondéré en fonction de la capitalisation boursière obtient une note d’IA de 24 % selon notre modèle. Un fonds de marchés émergents excluant la Chine – donc plus concentré dans les marchés de Taïwan et de la Corée – obtient une note d’environ 43 %. Même catégorie d’actif, même ligne sur votre relevé, et l’exposition à l’IA double presque à la suite d’un simple ajustement à l’exposition.

Certains diraient, c’est un hot-dog, pas un défi de mangeurs de hot-dogs. Ou pour les lecteurs familiers avec le vocabulaire de l’apprentissage automatique, c’est un problème d’étiquetage. Une société, ou plus précisément le cours de son action, est-elle influencée par la révolution de l’IA?

Ce qui complique les choses encore plus, c’est qu’un hot-dog aujourd’hui ne l’était peut-être pas il y a un an et pourrait ne plus l’être en 2027. Cisco n’était pas influencée par l’IA il y a un an et elle l’est aujourd’hui. Aucune approche n’est parfaite, et même si certains seront en désaccord avec notre modèle, il est clair et fondé sur des preuves.

C’est un hot-dog ou non? – notre approche tient compte de deux critères :

  1. Le critère du secteur – une société satisfait ce critère si elle exerce ses activités dans un secteur lié à l’IA – semiconducteurs, équipement de fabrication de puces, logiciels d’infrastructure ou autres, et est classée selon son niveau d’exposition. Cela reflète l’exposition structurelle. Cependant, il exclut Amazon (commerce de détail en ligne) et Tesla (automobiles).
  2. Le critère du consensus – Une société satisfait aussi ce critère si elle figure déjà dans les FNB thématiques sur l’IA bien établis sur le marché. On pourrait dire qu’elle a déjà « passé le test du marché ». Cela inclut Amazon et Tesla – mais ce critère seul exclut les plus petites sociétés du secteur délaissées par les fonds thématiques.
Nos mesures : deux critères indépendants

Une société qui satisfait l’un ou l’autre de ces critères se voit attribuer une note d’IA. Cette note est comprise entre 0 et 1 : lorsqu’une société satisfait les deux critères, elle obtient la note de 1. Une société qui satisfait uniquement le critère du consensus du marché obtient une note comprise entre 0,6 et 1,0, selon le nombre de fonds thématiques parmi les huit qui la détiennent, tandis qu’une société qui satisfait uniquement le critère du secteur reçoit une note de 0,9, 0,8 ou 0,4 en fonction de l’étroitesse de son lien avec l’IA. La note des fonds dépend des titres qu’ils détiennent réellement, et chaque titre est classé dans l’une des cinq catégories suivantes : puces et matériel informatique, infonuagique et centres de données, concepteurs de modèles, logiciels d’IA et robotique – car, comme le montre le graphique régional, le type d’exposition est tout aussi important que l’ampleur de celle-ci.

Il ne s’agit en aucun cas d’une mesure des revenus découlant de l’IA. Cette note mesure la part des titres détenus dans les entreprises liées à l’IA au sein de votre portefeuille. C’est une question différente – mais qui détermine le comportement de votre portefeuille lorsque le secteur vacille.

Conclusion

Nous reconnaissons qu’il est un peu ironique que l’IA ait été utilisée pour concevoir le modèle et établir la note d’IA. Au final, c’est un modèle. Est-il parfait? Certainement pas, mais il permet d’obtenir un autre point de vue sur ce qui se cache derrière un portefeuille.

Près de la moitié de l’indice S&P 500 est exposé à un seul thème. Le même thème peut regrouper un concepteur de puces en Californie, une fonderie à Taïwan ou un fabricant de robots au Japon – et le risque est différent pour chacune de ces sociétés. Aucune étiquette sectorielle ne peut vous prévenir, et le fonds ou l’indice que vous choisissez peut doubler le risque sans avertissement.

La question n’est pas d’acheter ou de vendre. Soyez conscients de l’ampleur de votre exposition et du type d’exposition. Une pondération de 12 % dans l’IA est parfaitement justifiable, tout comme une pondération de 45 %. Cependant, il est difficilement justifiable de ne pas connaître son exposition – parce qu’en 2026, cela se traduit par une position importante.

Posez-vous la question concernant votre portefeuille. Il n’est pas acceptable de ne pas savoir s’il contient ou non beaucoup de hot-dogs.

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