L’État du marché
17 août 2026
Les avantages de la diversification internationale
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En 2024, les actions américaines ont dominé les marchés boursiers mondiaux. En 2025, c’était tout le contraire : l’Europe était le meilleur endroit où investir. Jusqu’ici en 2026, les actions mondiales ont toutes très bien fait, en particulier celles d’Asie. De toute évidence, les rendements ont été excellents : non seulement ils ont été dans les deux chiffres, mais ils ont même souvent dépassé 20 %. Nos lecteurs savent sans doute que nous sommes optimistes depuis un bon moment à l’égard des marchés internationaux développés et que nous avons une position plus neutre à l’égard des actions américaines. Cette stratégie n’a pas trop porté fruit en 2024, mais depuis ce temps, elle fonctionne à merveille, ce qui stimule les rendements. Cependant, lorsqu’il est question de placement, avoir raison mène souvent à se tromper, tandis que se tromper peut mener à avoir raison. L’objectif est de ne pas faire courir vos chevaux gagnants jusqu’à ce qu’ils s’épuisent. Quant à ces nouvelles positions à contre-courant, espérons qu’elles ne tarderont pas trop à donner des résultats.

Notre opinion favorable à l’égard des actions internationales commence-t-elle à dater? Commençons par partager, mettre à jour et revoir des éléments clés de notre raisonnement initial qui nous ont rendus plus optimistes à l’égard des actions internationales et qui ont mis à l’épreuve notre conviction.
Valorisations et bénéfices – Au début de 2025, les actions américaines se négociaient à 22 fois les bénéfices, soit environ 6 points au-dessus du ratio cours-bénéfice médian à long terme, ce qui est assurément cher. Pendant ce temps, les valorisations en Europe et en Asie se situaient à peu près aux niveaux médians à long terme de 13 ou 14 fois les bénéfices – un avantage évident pour les actions internationales par rapport aux actions américaines.
Aujourd’hui, cet avantage sur le plan des valorisations persiste, mais il est modéré. Les valorisations du marché américain ont baissé à un niveau plus raisonnable de 20, ce qui demeure un peu cher. Par ailleurs, le ratio C/B de l’Europe est maintenant de 15,3, ce qui est supérieur à sa médiane historique. Pour compliquer encore les choses, le ratio C/B de l’Asie a diminué à 12,4, soit une valorisation inférieure à celle enregistrée au début de 2025 et à la médiane.
C’est bien de parler des valorisations, mais à moins de tenir compte de la croissance des bénéfices, elles dressent un portrait incomplet de la situation. En 2025, l’écart entre la croissance des bénéfices des marchés internationaux et du marché américain s’est considérablement resserré. Autrement dit, après des années de croissance plus rapide des bénéfices aux États-Unis que dans les marchés internationaux, l’écart s’est considérablement réduit. Considérant aussi les faibles valorisations des marchés internationaux, ces derniers se sont illustrés. Si l’on compare aujourd’hui les prévisions consensuelles des bénéfices pour les 12 prochains mois aux bénéfices des 12 derniers mois, le classement est le suivant : le Japon trône au sommet, suivi des États-Unis, puis de l’Europe. Cela correspond par hasard au rendement relatif depuis le début de l’année.

Tout bien considéré, les valorisations et la croissance des bénéfices continuent de favoriser l’Asie, et dans une moindre mesure l’Europe, par rapport aux États-Unis, qui semblent ne pas aller trop mal. Nous continuons donc de préférer les marchés internationaux du point de vue des valorisations et de la croissance des bénéfices, mais moins qu’au début de 2025.
Dépenses budgétaires et gouvernance – Après la pandémie, la plupart des pays ont ramené leurs déficits à des niveaux plus « normaux ». Cependant, les États-Unis se sont lancés dans ce que l’on pourrait appeler des dépenses budgétaires tactiques. Autrement dit, ils ont maintenu leurs dépenses budgétaires à un niveau supérieur à la normale pour stimuler la croissance économique. Il faudra attendre plusieurs années avant de savoir si c’était la bonne décision. Pour l’instant, cela a permis à l’économie américaine de croître plus rapidement que celle de ses homologues plus frugaux. À tort ou à raison, d’autres pays augmentent maintenant leurs dépenses budgétaires dans des secteurs comme la défense et les infrastructures. Cela a contribué à réduire leur écart de croissance économique avec les États-Unis. Voilà qui joue en faveur des actions internationales.

La gouvernance s’est également améliorée. Il ne fait aucun doute que les États-Unis sont très favorables aux actionnaires. À l’échelle internationale, on constate une amélioration progressive de la gouvernance d’entreprise, ce qui signifie que les sociétés sont plus favorables aux actionnaires qu’auparavant. Cela contribue également à améliorer le rendement des capitaux propres, une tendance à long terme favorable aux actions internationales. Un peu comme une mise à niveau.
La diversification fonctionne à nouveau – La diversification géographique a très bien fonctionné dans les années 1980, 1990 et 2000, mais pas dans les années 2010, en raison de la domination constante des États-Unis et de la concentration des rendements dans certains marchés boursiers internationaux. Plus récemment, la corrélation croisée entre les marchés boursiers a diminué. Voilà une bonne raison d’investir davantage dans les actions internationales du point de vue de la construction de portefeuille.

Un autre avantage est lié à l’exposition à l’IA. Bien que nous soyons optimistes à l’égard de la bulle de l’IA, son évolution au cours des prochains mois ou trimestres comporte toutefois un risque. Selon notre modèle d’exposition à l’IA, le marché boursier américain est assurément fortement orienté vers cette technologie en pleine expansion, contrairement aux marchés internationaux. Le Japon y est moins exposé, étant plus orienté vers le matériel informatique, et l’Europe encore moins, ce qui procure une plus grande diversification.
Commerce et pétrole – Le blocus du détroit d’Ormuz a sans doute entraîné une hausse et une volatilité des prix de l’énergie, ce qui a nui davantage aux marchés internationaux qu’aux États-Unis, principalement en raison de leur dépendance relative au secteur de l’énergie. Même si on ne sait pas comment le conflit évoluera, notre scénario de base est que les flux énergétiques seront rétablis. Chaque avancée vers une résolution a entraîné une remontée des actions internationales plus marquée que celle des actions américaines. Une solution plus durable pourrait d’ailleurs très bien marquer le début d’une période de rendements supérieurs des actions internationales.

De plus, le commerce mondial a augmenté. Comme l’Europe et l’Asie sont plus tributaires du commerce mondial, il vaut mieux y investir le plus possible. Traditionnellement, les périodes de croissance du commerce mondial, au-dessus du seuil de 4 % dans le graphique ci-dessous, ont coïncidé avec une domination des actions internationales sur les actions américaines (indice EAFE vs S&P 500). La croissance du commerce mondial dépasse 4 % depuis quelques années maintenant.
Conclusion
La situation n’est plus aussi claire qu’au début de 2025, mais les facteurs en jeu sont suffisants pour rester optimiste à l’égard des actions internationales. L’escompte de valorisation a diminué, mais l’amélioration de la gouvernance, la hausse du rendement des capitaux propres, la croissance du commerce mondial et un éventuel ralentissement des marchés de l’énergie demeurent favorables. De plus, comme la plupart des portefeuilles sont encore très orientés vers les États-Unis, les placements en actions internationales offrent un solide avantage sur le plan de la diversification, ce qui contribue à réduire l’exposition du portefeuille aux risques liés à l’IA. L’avantage n’est peut-être pas exceptionnel, mais les actions internationales méritent certainement une saine exposition.
Attention, cela ne traduit pas une opinion négative à l’égard des États-Unis. Ainsi, pour notre scénario de base, nous maintenons une position neutre ou conforme à la capitalisation boursière pour les actions américaines, encouragés par les bénéfices solides et les valorisations qui ne sont plus aussi élevées. Nous restons toutefois plus optimistes pour les marchés d’outre-mer, à l’est comme à l’ouest.