Ruée sur les banques canadiennes

L’État du marché
16 mars 2026

Ruée sur les banques canadiennes


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Nous nous doutions que ce titre allait retenir votre attention. Plus précisément, nous faisons référence ici à la performance éclatante des titres bancaires au cours des dernières décennies et pas à un afflux de consommateurs cherchant à récupérer leurs dépôts. Au cours des 30 dernières années, les banques canadiennes ont enregistré un rendement annualisé de 13,8 %. C’est mieux que le rendement de 9,1 % de l’indice TSX et même mieux que le rendement de 10,2 % de l’influent indice S&P 500. Pas étonnant que les banques canadiennes occupent une place de choix dans les cœurs et les portefeuilles des Canadiens.

Qui n'aimerait pas les banques?

Les banques ont aussi été dominantes l’année dernière avec des gains de 45 %, d’après l’indice S&P/TSX du secteur bancaire. Évidemment, on a beaucoup plus parlé de la contribution de l’or à la poussée de 30 % du TSX en 2025, mais l’apport des banques a été tout aussi important. Le problème cependant, c’est que les valorisations des banques ont assurément été tirées vers le haut. Le graphique ci-dessous illustre la trajectoire de l’indice des banques canadiennes au cours des 20 dernières années. Le ratio cours-bénéfice était de 14 en février, mais il a régressé depuis pour s’établir à 13,1, ce qui est quand même cher pour les banques.

Les banques canadiennes dépassent de deux écarts-types le ratio CB moyen sur 20 ans, mais la croissance du BPA est forte

Les valorisations ne sont qu’un facteur, et la croissance des bénéfices justifie parfois des valorisations plus élevées. Les prévisions de bénéfices ont augmenté pour les banques et on anticipe actuellement une croissance légèrement inférieure à 10 % au cours des 12 prochains mois. Or même à 13,1, le ratio tient certainement compte de cette croissance.

Les banques profitent de certains facteurs favorables qui ont fait grimper le cours de leurs actions. Les revenus d’intérêt nets sont solides grâce aux taux plus élevés et les pertes sur prêts restent contenues. De plus, les marchés financiers et la richesse se portent bien. Par contre, l’habitation et l’immobilier sont un peu à la traîne. Compte tenu de l’augmentation des cours des actions, on peut se demander dans quelle mesure les bonnes nouvelles sont déjà reflétées dans le prix. Selon nous, elles le sont en bonne partie.

Assurances

D’autres segments du secteur canadien de la finance semblent offrir une meilleure valeur. Les entreprises financières comptent pour 31 % de l’indice TSX, dont 21 % de banques, le reste étant divisé entre les sous-secteurs des assurances et des marchés financiers. L’écart de valorisation entre les banques et les compagnies d’assurance est aussi intéressant.

Valorisations et Performance relative

La performance relative supérieure du sous-indice des banques de l’indice TSX par rapport au sous-indice des compagnies d’assurance a mené à un écart de valorisation historique passablement élevé. Les titres des compagnies d’assurance ne sont peut-être pas bon marché en termes absolus, mais ils offrent certainement une meilleure valeur relative comparativement aux banques. Bon nombre des compagnies d’assurance sous-jacentes présentent aussi des profils de croissance comparables à ceux des banques.

Et pour ceux qui apprécient les dividendes (c’est-à-dire l’ensemble d’entre nous, puisque nous sommes Canadiens après tout), le rendement en dividendes plus élevé des banques par rapport aux compagnies d’assurance semble avoir pratiquement disparu.

La prime de rendement des banques a pratiquement disparu

Conclusion

De toute évidence, les portefeuilles canadiens incluent presque toujours une exposition aux banques, étant donné la part importante qu’elles occupent dans notre marché. Leurs dividendes sont aussi un attribut attrayant. De plus, le bêta des compagnies d’assurance est traditionnellement un peu plus élevé. Toutefois, compte tenu des valorisations, de la croissance et des rendements en dividendes courants, nous avons une petite préférence pour les compagnies d’assurance et nous sommes plus prudents à l’égard des banques.

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